CLOTURE ANNEE DE LA FOI BILAN ET PERSPECTIVES

Le collège Episcopal s’est réuni dans le diocèse de Buea du 03au 05 octobre 2013, à l’occasion de la clôture nationale de l’année de la foi. Mises à contribution, les commissions de la Conférence Episcopale Nationale du Cameroun ont poursuivi la réflexion initiée par les Evêques lors de leur 38ème Assemblée plénière.

Une commission ad hoc s’est constituée autour des différentes commissions de la CENC, avec pour objectif d’animer ce grand rendez-vous à travers des conférences, des tables rondes.et de proposer aux Evêques une ébauche de lettre pastorale. La mise en convergence a été faite sur quatre points principaux : pourquoi rendre grâce à Dieu, les fruits de l’année de la foi, les défis de la foi au Cameroun, les solutions proposées à ces différents défis. Fidèle à l’appel du pape à l’occasion de cette année de la foi, la Conférence Episcopale nationale du Cameroun (CENC) a engagé le peuple chrétien dans une dynamique de pédagogie et de confession de la foi qui s’est déployée pendant une année entière dans tous les diocèses. Sur fond de leur dernier séminaire consacré à l’année de la foi, les évêques ont voulu se ressourcer sur le thème de la foi à partir d’une série de trois conférences portant sur : Présentation de Porta Fidei ; les points d’insistance et d’achoppement de la foi ; The Year of Faith and pastoral Ministry : overcoming challenges to the Catholic faith in Cameroon.

POURQUOI RENDRE GRACE A DIEU EN CETTE ANNEE DE LA FOI ?

En rendant grâce à Dieu pour le don de la foi, l’Eglise du Cameroun fait mémoire des premiers missionnaires, initiateurs de la rencontre de grâce et d’amour entre les populations du Cameroun et la parole faite chair dans le Christ sauveur des hommes. L’Eglise du Cameroun prend conscience de cet héritage de foi en le revisitant et en réécrivant son histoire. L’illustration de cette dynamique d’appropriation de l’histoire de notre Eglise s’opère par la mise en lumière des signes visibles d’approfondissement et de personnalisation de notre foi. Après l’arrivée des missionnaires se sont succédé d’incessantes vagues de religieuses et de religieux, de prêtres, d’évêques et un cardinal autochtone. L’Eglise du Cameroun compte : 25 diocèses dont 05 archidiocèses ; 23 évêques autochtones ; plus de 1 781 prêtres ; 03 Propédeutiques et 05 Grands Séminaires, 07 Universités Catholiques ; plus 4 916 150 catholiques.(Sources : L’Eglise Catholique en Afrique, OPM, 24e édition, 2010 ; CENC). Des chiffres et des hommes qui illustrent à bien des égards, le dynamisme et la vitalité internes de notre Eglise locale. L’augmentation annuelle des offrandes versées par les diocèses du Cameroun au titre des œuvres pontificales missionnaires est un autre motif d’action de grâce et un signe d’encouragement. 2009 : 70 386 933 FCFA ; 2010 : 71 747 831 FCFA ; 2011 : 84 046 670 FCFA ; 2012 : 90 404 061 FCFA.(Sources :Direction nationale OPM/PMS Cameroun).

FRUITS DE L’ANNEE DE LA FOI

D’un point de vue purement individuel, l’année de la foi a permis et permet à chaque chrétien de garder et de développer un lien intime avec le Christ. Ceci ouvre la voie à une conversion renouvelée et permet de faire une expérience de la foi qui interpelle ceux qui sont loin de la « porte de la foi » (Ac 14, 27) et qui n’ont pas encore fait la connaissance de l’amour du Christ. Dans sa rencontre de Paix et de Miséricorde avec son sauveur, l’Eglise du Cameroun fait une expérience des béatitudes. Devenue le peuple de l’Alliance, cette Eglise connait en son sein l’épanouissement des mystères du salut et de la foi en Jésus Christ.

DEFIS DE LA FOI AU CAMEROUN

La foi est une vertu et un don de Dieu. «Elle est une lumière pour la route, qui oriente notre marche dans le temps… Elle doit être nourrie et renforcée » (Lumen Fidei, N° 4, 6). Au Cameroun aujourd’hui, malgré son dynamisme avéré, la foi n’a pas encore totalement imprégné le tissu social. La défense des droits de l’homme, l’éthique familiale sont des secteurs qui nécessitent une plus grande implication de la foi. Elle est appelée à passer de la liturgie célébrée à la liturgie vécue. Par ailleurs, l’Eglise fait face à de multiples contre témoignages face à la vérité de l’Evangile. La cause de cet état de chose est quelque fois l’ignorance des contenus de la foi (credo…) et le refus d’adhérer aux exigences de la foi. D’où une mise à jour des moyens de diffusion adaptée de la foi : une pratique catéchétique ouverte aux nouvelles méthodes pédagogiques et une initiation ou un approfondissement à l’utilisation régulière des mass media. Au demeurant, l’année de la foi initiée par le Pontife romain Benoît XVI et prolongée par le Pape François a été un temps de  relecture du destin de la foi ensemencée en terre Camerounaise. Nous avons toutes les raisons au Cameroun de rendre grâce à Dieu pour le « soleil d’en haut qui vient nous visiter » (Benedictus). Il est du devoir de toutes les âmes de bonne volonté, alors que s’enclenche le processus de la Nouvelle Evangélisation, de prendre à bras le corps les multiples défis que suscite la crise de la foi et d’avancer au large.

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