L’insécurité va-t-elle compromettre la rentrée scolaire ?

Archidiocèse de Garoua

L’insécurité va-t-elle compromettre la rentrée scolaire ?

Jean Pierre Hachda

Comme au Nigéria, à cause des menaces et des attaques des insurgés de Boko Haram, les autorités camerounaises ont décidé de fermer et délocaliser des établissements scolaires pour une période indéterminée. Après le Nigéria, c’est le tour des autorités camerounaises de délocaliser des établissements scolaires dans l’Extrême-Nord.

Impuissants, de nombreux parents ne pourront pas inscrire leurs enfants dans les écoles cette année. En raison des menaces et des attaques des membres de la secte Boko Haram le long de la frontière avec le Nigéria et dans certaines zones camerounaises. Dans une région où le taux de scolarité est des plus faibles du pays, la fermeture des établissements scolaires menace gravement les efforts menés par les pouvoirs publics pour améliorer le niveau scolaire des jeunes et des enfants. « Nous partageons les mêmes frontières avec le Nigeria dans les localités de Kirawa, Gambarou, Madagali, Visik, Banki, Amchidé... Certains Camerounais ont naturellement des membres de leurs familles côté nigérian puisque la frontière, c’est juste une barrière ou une rivière », explique un habitant de Vizik.
Depuis plusieurs mois, les insurgés de la secte Boko Haram progressent de manière fulgurante et infligent  de lourdes défaites aux forces de sécurité de l’armée nigériane. Saccageant des domiciles, des édifices publics, des églises, des hôtels, des gares, des ouvrages routiers et des écoles, ils se sont emparés de nombreuses localités et contrôlent  des zones entières du Nord-Est du pays où les forces de l'armée régulière ont disparu. La proximité de l’État de Borno, au Nord-Est du Nigéria avec le long de la frontière camerounaise, à l’Extrême-Nord du Cameroun, où la secte Boko Haram veut un califat, un État islamique rigoriste, est une menace sérieuse pour les populations camerounaises riveraines.
Sur plus de 1 800 kilomètres, l’Extrême Nord partage sa frontière avec trois districts de l'État de Borno qui sont entre les mains de Boko Haram qui contrôle également des villages dans les États de Yobe et de l’Adamawa. À Gamboru Ngala, ville nigériane frontière avec l’Extrême Nord, les extrémistes ont tué, égorgé, incendié et rasé entièrement des habitations. Depuis, des dizaines de milliers de Nigérians fuient leur pays pour  trouver refuge au Cameroun. Plus de 700.000 Nigérians ont fui leur patrie. Pour le seul mois d’août, plus de 10.000 Nigérians se sont installés au Niger. Ils sont 80.000 Nigérians qui vivent au Niger et 40.000 au Cameroun selon les Nations-Unies. Aussi, Boko Haram a fait plus de  10.000 morts, dont 4.000 personnes tuées depuis le début de l'année dans le Nord-Est,  selon Amnesty International.

Cas similaires
La secte pour qui aller à l’école est un péché s’attaque particulièrement aux filles et aux enfants en âge scolaire. L’enlèvement de près de 300 jeunes filles à Chibok dans le Norrd-Est du Nigéria est un exemple de la barbarie du groupe islamiste. Dans l'État de Borno, épicentre de l'insurrection islamiste et où se trouve Chibok, plus de 10 000 morts ont été enregistrés depuis cinq ans. C’est 176 enseignants qui ont été tués et 900 écoles détruites depuis 2011. Des massacres qui ont été à l’origine de la fermeture d’une centaine d’écoles dans cet État. Conséquences, plus de 9 millions d’enfants ne sont pas scolarisés dans cette région. Selon l’ONU, un enfant sur trois ne va pas au primaire contre un enfant sur 4 à l’école secondaire.
« La fermeture des écoles le long de la frontière est un signe de déstabilisation des membres de la secte qui atteignent par là leur sinistre objectif qui est de fermer toutes les écoles. De nombreux enseignants refusent de rejoindre leurs établissements malgré les sommations des autorités. Vous comprenez que des familles n’ont pas toujours le réflexe d’envoyer leurs enfants à l’école, surtout les filles. Nous craignons que la résurgence de l’insécurité soit désormais un facteur qui permet de retenir les enfants à la maison », explique Raphaël Gradak, un enseignant dans le Mayo-Tsanaga. Pas rassurant, le récent rapport de l'organisation Watchlist on Children and Armed Conflict de l’ONU exprime dans ce sens de vives inquiétudes quant au recrutement forcé d'enfants pour espionner et parfois pour combattre pour le compte de  Boko Haram. « Des enfants aussi jeunes que 13 ans sont recrutés par les deux parties dans le conflit et n'ont nulle part où aller », dénonce Janine Morna, une rapporteuse du Watchlist.
                                                                                           

Comme au Nigéria, à cause des menaces et des attaques des insurgés de Boko Haram, les autorités camerounaises ont décidé de fermer et délocaliser des établissements scolaires pour une période indéterminée. Après le Nigéria, c’est le tour des autorités camerounaises de délocaliser des établissements scolaires dans l’Extrême-Nord.

Impuissants, de nombreux parents ne pourront pas inscrire leurs enfants dans les écoles cette année. En raison des menaces et des attaques des membres de la secte Boko Haram le long de la frontière avec le Nigéria et dans certaines zones camerounaises. Dans une région où le taux de scolarité est des plus faibles du pays, la fermeture des établissements scolaires menace gravement les efforts menés par les pouvoirs publics pour améliorer le niveau scolaire des jeunes et des enfants. « Nous partageons les mêmes frontières avec le Nigeria dans les localités de Kirawa, Gambarou, Madagali, Visik, Banki, Amchidé... Certains Camerounais ont naturellement des membres de leurs familles côté nigérian puisque la frontière, c’est juste une barrière ou une rivière », explique un habitant de Vizik.
Depuis plusieurs mois, les insurgés de la secte Boko Haram progressent de manière fulgurante et infligent  de lourdes défaites aux forces de sécurité de l’armée nigériane. Saccageant des domiciles, des édifices publics, des églises, des hôtels, des gares, des ouvrages routiers et des écoles, ils se sont emparés de nombreuses localités et contrôlent  des zones entières du Nord-Est du pays où les forces de l'armée régulière ont disparu. La proximité de l’État de Borno, au Nord-Est du Nigéria avec le long de la frontière camerounaise, à l’Extrême-Nord du Cameroun, où la secte Boko Haram veut un califat, un État islamique rigoriste, est une menace sérieuse pour les populations camerounaises riveraines.
Sur plus de 1 800 kilomètres, l’Extrême Nord partage sa frontière avec trois districts de l'État de Borno qui sont entre les mains de Boko Haram qui contrôle également des villages dans les États de Yobe et de l’Adamawa. À Gamboru Ngala, ville nigériane frontière avec l’Extrême Nord, les extrémistes ont tué, égorgé, incendié et rasé entièrement des habitations. Depuis, des dizaines de milliers de Nigérians fuient leur pays pour  trouver refuge au Cameroun. Plus de 700.000 Nigérians ont fui leur patrie. Pour le seul mois d’août, plus de 10.000 Nigérians se sont installés au Niger. Ils sont 80.000 Nigérians qui vivent au Niger et 40.000 au Cameroun selon les Nations-Unies. Aussi, Boko Haram a fait plus de  10.000 morts, dont 4.000 personnes tuées depuis le début de l'année dans le Nord-Est,  selon Amnesty International.

Cassimilaires
La secte pour qui aller à l’école est un péché s’attaque particulièrement aux filles et aux enfants en âge scolaire. L’enlèvement de près de 300 jeunes filles à Chibok dans le Norrd-Est du Nigéria est un exemple de la barbarie du groupe islamiste. Dans l'État de Borno, épicentre de l'insurrection islamiste et où se trouve Chibok, plus de 10 000 morts ont été enregistrés depuis cinq ans. C’est 176 enseignants qui ont été tués et 900 écoles détruites depuis 2011. Des massacres qui ont été à l’origine de la fermeture d’une centaine d’écoles dans cet État. Conséquences, plus de 9 millions d’enfants ne sont pas scolarisés dans cette région. Selon l’ONU, un enfant sur trois ne va pas au primaire contre un enfant sur 4 à l’école secondaire.
« La fermeture des écoles le long de la frontière est un signe de déstabilisation des membres de la secte qui atteignent par là leur sinistre objectif qui est de fermer toutes les écoles. De nombreux enseignants refusent de rejoindre leurs établissements malgré les sommations des autorités. Vous comprenez que des familles n’ont pas toujours le réflexe d’envoyer leurs enfants à l’école, surtout les filles. Nous craignons que la résurgence de l’insécurité soit désormais un facteur qui permet de retenir les enfants à la maison », explique Raphaël Gradak, un enseignant dans le Mayo-Tsanaga. Pas rassurant, le récent rapport de l'organisation Watchlist on Children and Armed Conflict de l’ONU exprime dans ce sens de vives inquiétudes quant au recrutement forcé d'enfants pour espionner et parfois pour combattre pour le compte de  Boko Haram. « Des enfants aussi jeunes que 13 ans sont recrutés par les deux parties dans le conflit et n'ont nulle part où aller », dénonce Janine Morna, une rapporteuse du Watchlist.
                                                                                           

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